• On a tous eu, ou presque tous, un premier amour, une histoire unique, d'une tendresse infinie.. la recette la plus efficace reste le mélange des ingrédients suivants :

    la candeur de l'adolescence, la douceur de la jeunesse, les émotions de la découverte, la sensibilité de nos petites années..

    On se sent pousser des ailes, on est prêtes à combattre vents et marées, parents et profs, juste pour un baiser ou une étreinte..

    Mes douces années de 16 à 18 ans gravitaient autour de lui, ce jeune homme aux yeux couleur miel, attentif et attentionné.

    Une séparation douloureuse, que j'ai causé, en toute légéreté, pour me jeter dans les frivolités de mes 18 printemps..

    Et depuis, plus une seule nouvelle, plus un seul écho de cette passion désormais jetée aux oubliettes..

    Je l'ai retrouvé hier, par hasard, par le net..

    On s'est parlés, on s'est révélés toutes ces pages tournées depuis ces dernières années.

    Quel effet cela vous ferait-il à vous de savoir brusquement, que la personne que vous aviez aimée, chérie, la personne avec qui vous aviez projeté amour infini, mariage, enfants et vie à deux, vous annonce qu'elle a compagne et enfants..?

    Le choc est profond, la commotion est perceptible..

    Que le temps passe, même à nos âges..


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  • Il m'attire près de lui, colle sa peau contre la mienne. Mon corps ne se réduit plus qu'à un amas de chair frissonnant au rythme de ses caresses et de ses regards.

    Il me porte soudainement et se lève pour me porter jusqu'à sa chambre. La lumière est éteinte, juste une infime partie de l'éclairage du salon crée une pénombre au pied du lit. La musique continue à résonner, mais je ne l'entend presque plus, mon souffle s'accélère et mon coeur va si fort que je le sens battre sur mes lèvres.

    Je suis sur le dos, je ne peux plus bouger, je suis immobile, mon corps étalé de tout son poids, tel une offrande inerte livrée à ses mains et sa bouche.

    Je garde les yeux clos, je veux à tout prix tout sentir, le moindre mouvement, la moindre caresse, le moindre contact. Je le visualise dans ma tête, et pourtant il est là, devant moi, mais je m'offre des petits instants de mystère, ne voyant pas l'approche de ses gestes, me délectant du sentiment de la surprise.

    Ses lèvres me parcourent, je les sens sur mon épaule d'abord, sur ma hanche ensuite. Il butine ici et là et attise la flamme de l'envie.

    Je l'entends murmurer qu'il adore mes seins, il les lèche puis s'en empare violemment de ses lèvres, de ses dents. Ses mains sont sur le lit, seule sa bouche opère sur ma peau. Je la sens s'éprendre de l'intérieur de mes cuisses, il va et vient sur mes jambes, lèche puis souffle, un froid me grise et me fige davantage. Il plante sa langue, déssine des ronds et mange mon intimité, la dévore, en fait son terrain, son objet. A mesure que mes gémissements se font entendre, discrets mais intenses, il me donne encore et encore, acharné sur son oeuvre, son acte.

    "J'ai envie de toi".. ces mots s'échappent, ils se répètent en écho dans ma tête.


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  • Ce matin-là, rien ne me prédisait de le voir. Je m'habillais, comme chaque matin, hâtivement, pour aller au travail. Une journée de plus durant laquelle je serais encore et toujours cloîtrée dans mon bureau, face à cet écran, noyée dans mes papiers, mes notes, mes pense-bête et autres bases de données. Une journée où je n'aurai que pour seul interlocuteur mon coursier, qui viendra me réclamer chèques et autres papiers à livrer en urgence.

    J'enfilais un jean, un pull chaud, ma veste, et une écharpe, histoire d'être certaine de ne pas m'amouracher d'un microbe de passage.

    Aucune lingerie affriolante, juste un string blanc, pas de soutien gorge, un petit air de liberté intérieure, pas d'étouffe-poitrine.

    Il m'appelle. Je reste insensible. Il est devenu insipide. Il veut me voir. Je ne sais plus l'objet de mon vouloir. Il insiste. je m'incline.

    Ma journée a été longue, non pas que je m'impatientais de le revoir, mais que le froid des murs et le vide qui occupait l'espace allongeaient le temps et figeaient l'aiguille de l'horloge.

    Je n'ai pas le temps de me refaire, ni de me raffraîchir. Je prends le volant et me dirige vers lui, vers le point de nos retrouvailles.

    Il est là, droit, les mains croisés, sa veste habillée par une écharpe qui tombe de parts et d'autres de son cou. Il ne l'enroule jamais, elle reste juste là, posée sur ses épaules, chose qui me rappelle toujours un style assez british et qui me laisse afficher un léger sourire. Son jean est parsemé de trous, de déchirures, un paradoxe total avec sa coiffure et son allure chics.

    Il est tout sourire, tout miel. Je laisse ma voiture sur le bord de la route, je monte dans la sienne. Il ne m'intimide pas mais pourtant à chaque fois que je me retrouve à moins de deux mètres de lui, un malaise excitant me prend et ma maladresse chronique fait son apparition; ma bouche n'obéit pas à ce que lui dicte mon cerveau, ma répartie habituelle se transforme en un léger bégaiement ponctué de carences de vocabulaire.

    Il est vrai que quoi que j'en dise, Il me grise, il m'attire, il m'excite. Il éveille en moi des envies insoupçonnées, celles que je refoule inconsciemment le reste de ma journée.

    Il ne peut s'empêcher sur le trajet de faire des allusions, des jeux de mots médiocres, juste pour m'observer, scruter mes réactions, définir mes envies, le fond de mes pensées.

    J'ai envie qu'il me touche, qu'il lève sa  main de son volant et qu'il la dépose doucement sur ma jambe, qu'il effleure ma peau, mais il n'en fait rien.

    Il s'arrête devant la maison. Nous sommes arrivés. Je n'arrive pas à ouvrir la portière, elle est verrouillée. Je m'obstine. Il sourit, se penche vers moi, plonge son regard dans mes yeux. Je palpite, j'ai envie, je le désire, je vois ses lèvres, je les imagine parcourir ma peau, explorer mon corps. Il ouvre la portière. Je descends.

    La maison est spacieuse, éclairée par quelques lampes éparses dans les coins de la pièce. Des plantes vertes, des tableaux, des bougies. Trois beaux canapés bruns trônaient au milieu du salon, ils me tendaient les bras, m'asseoir minimiserait mon taux de maladresses.

    Je prends place, il s'approche et me propose un verre de vin. Je fais signe de la tête, peut-être avec un peu trop d'enthousiasme. Il était dans la cuisine pendant que je m'interrogeais : "il me prend pour une alcoolo, dis?"

    On trinque, j'avale une gorgée, et toussote lorsqu'il s'assied tout près de moi. Trois canapés ne sont pas suffisants pour deux personnes, il a fallu qu'il se mette là, tout contre moi. Je sens son souffle sur ma nuque, il parle, doucement, me demande si je connais le morceau de musique qui passe.

    Je ne l'entends plus, mon coeur bat trop fort, il couvre sa voix. Je sais qu'il sait, nous savons, nous voulons.

    Il pose son verre, laisse glisser sa main sur mon dos, puis la laisse remonter sur ma peau, elle se fraie un chemin sous mes vêtements. Il s'arrête un instant lorsqu'il découvre que l'étouffe poitrine est resté chez moi, prend mon visage, me regarde, souriant, signifiant. "j'ai envie de toi", je le lis dans ses yeux, sa main continue à parcourir mon dos, il se délecte, pose ses lèvres sur mon épaule, tire mon pull avec ses dents.

    Je me lève, comme si d'un seul coup toute ma pudeur avait disparue. J'ai chaud, il fait chaud dans cette pièce, je ne peux plus supporter la laine qui me couvre. Je l'enlève, doucement, mais sûrement.

    Il a toujours ce sourire sur ses lèvres, mais je le découvre avec un regard différent, plus beau, plus séduisant. Je crois qu'il aime ce qu'il voit. Il s'arrête, regarde mes seins, il se lève et les prend dans ses mains. il caresse, doucement, les touche comme des objets fragiles.

    Il enlève sa veste et reprend sa place sur son canapé, m'observe, me caresse des yeux.

    Je m'approche, m'assieds à califourchon sur ses jambes, et lui tiens fermement ses poignets. J'effleurais ses lèvres avec les miennes, je l'embrassais sur son visage, l'empêchais d'agir. Il était mien, je voulais lui donner des plaisirs tendres mais fous, faire de son corps l'objet de mes fantasmes, sentir son souffle s'accélérer.

    Mes têtons effleuraient sa chemise, je sentais le feu envahir mon ventre.

     

     


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  • La théorie de la relativisation mise en pratique..

    Je ne sais plus quel présentateur de quelle émission trouvait ridicule, non que dis-je, IMPOSSIBLE, que quelqu'un puisse se réjouir d'aller au supermarché.. que ce mot n'était synonyme que de corvée, ennui, emmerdements, etc.

    Cette réflexion manifestement très intelligente m'a refait penser au soir où, partant pour Marjane, histoire de m'approvisionner en tahmira et fromage (oui, pour préparer un ptit mhammer et croquer dans un bout de brie..), je suggérais spontanément à Fatima de m'accompagner, histoire de changer d'air.

    Fatima, de ce pas, enfila sa djellaba, et, joyeusement, embarqua dans la tuture à mes côtés.

    Enfin arrivées devant la mythique enseigne jaune locale, elle emprunta le chemin vers la porte vitrée qui s'ouvra tella la porte de la caverne d'Ali baba.

    D'un pas timide, deux lumières en guise de binocles, elle déambulait avec moi, entre lessieur, samar et autres produits en rayonnage.

    Le sourire parvenait progressivement à fleurir sur ses lèvres, il s'esquissait lentement, mais sûrement, pour ensuite envahir son visage et ne rien laisser d'autre apparaître. Des dents, livrées impudiquement aux voisins de rayons.

    Elle brisa son silence, enfin, après moultes allers-retours dans le grand magasin, pour prononcer avec certitude : "c'est comme en Europe, c'est beau!"

    Ebahie, emportée, heureuse, elle se complaisait à pavaner dans ce lieu qui lui faisait croire assurément que cette profusion de marchandises ne pouvait être synonyme que d'"Europe".

    Europe, eldorado de nos chers et tendres concitoyens.

    Pour combler cette balade, je lui offrai une forêt noire.

    Parfois je me demande vraiment si Fatima n'est pas plus heureuse que moi..


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  • ".. d'écrire un peu, de vider cette panse, ces tripes, ce trop plein de graisse, de chair, de kilos lourds, pendants et collants.

    Je sors de mon bain, éreintée, fatiguée, pesée, je me traîne jusqu'à ma chambre, et me hisse jusqu'à mon lit. J'ai pris la télécommande, difficilement, prudemment, et j'ai glissé, je me suis affalée, écroulée, éparpillée sur le carrelage. Je ne pouvais plus bouger, la nuit me paraissait satanique, infernale, cet instant épouvantable et pourtant si commun de solitude intense et de retrouvailles suicidaires avec soi. Juste ma voix intérieure qui me fredonne sèchement ces quelques mots, ces quelques syllabes crachées sur la table, elle me raconte que "tu n'es qu'une merde horrible et repoussante", elle me prend par le bras, me remue le ventre flasque, souffle dans mon oreille, je crie pour ne rien entendre, elle me parle à moi, à personne d'autre, elle est là, dans le lit, je ne la vois pas mais la sens enfoncer ce poignard dans mon corps, m'éventrer et faire de moi un amas de viande, faire partie de mon enfer.

    J'en suis sûre, ce soir, comme beaucoup de soirs, je vis un cauchemar.."


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